Les transports publics en 2030 – notre vision

La technologie des véhicules autonomes est très avancée. Pourtant, on ne peut pas encore l’utiliser dans le trafic routier de tous les jours. Cependant, les transports publics offrent déjà aujourd’hui, dans certains cas, la possibilité de recourir à des véhicules autonomes ou très automatisés. Emch+Berger suit plus particulièrement la mise au point de ce genre d’application, notamment pour acquérir les connaissances nécessaires en vue de la mise en œuvre généralisée de la mobilité autonome.

Lise sort avec des copains. Une fois par mois, ils passent ensemble la soirée en ville. Ils flânent, mangent quelque chose – ils ont du plaisir ensemble. Lise habite la banlieue. Elle doit attraper au plus tard le train de 22h45, car sinon elle va manquer le bus de correspondance qui la ramènera chez elle. Ses parents manifestent, certes, de la compréhension pour ses besoins personnels ; mais ils ne sont pas disposés à aller la chercher en voiture chaque fois, ou alors ils n’en ont pas le temps. Les copains de Lise continuent la fête. Ils habitent, eux, en ville et peuvent compter sur les transports publics 24 heures sur 24.

Tobias est un pendulaire. Chaque jour, il lui faut une heure pour atteindre son lieu de travail. Pour la fête de Noël de son entreprise, il préfère utiliser les transports publics, car il aime boire un petit coup avec ses collègues. L’ambiance est joyeuse, tous ont du plaisir – mais Tobias doit quitter le groupe. Car, comme Lise, il ne doit pas manquer la dernière correspondance.

François est un chauffeur de bus. Cette semaine, il a la charge des courses du soir de la ligne Islikon-Frauenfeld. Bien sûr, il ne doit pas parler aux passagers, pour des raisons de sécurité, mais en général, il n’y a personne à cette heure tardive. Parfois cependant, des voyageurs au comportement bizarre montent dans le bus. Pour François, ces courses du soir sont très astreignantes, dans l’obscurité et surtout s’il fait mauvais temps.

Ces trois exemples illustrent – un peu à l’emporte-pièce – quelques pistes de réflexion actuelles de la mobilité en Suisse, à propos des transports publics en particulier. La mission des pouvoirs publics est de répondre aux besoins de base de la population. Dans les domaines de l’approvisionnement énergétique, des télécommunications et de la poste, cette couverture de base est bien définie quant à sa forme et son étendue. Pour ce qui est des transports publics, le Conseil fédéral a défini le service public le 23 juin 2004 comme suit : « Le service public consiste en une couverture de base, définie par les pouvoirs publics, en biens et prestations d’infrastructure de bonne qualité, mis à la disposition de toutes les couches de la population dans toutes les régions du pays à un prix abordable en application de principes uniformes. » Autrement dit, les prestations du service public doivent être continuellement disponibles à un prix abordable dans l’ensemble de la Suisse et correspondre aux besoins de la population. L’objectif final du Conseil fédéral est l’amélioration de l’efficacité sans que la qualité en souffre.

Donc Lise et Tobias ont tout à fait le droit d’être transportés. Leurs contacts avec d’autres personnes de leur âge peuvent être qualifiés sans hésitation de besoin de base. Mais aussi longtemps qu’on a toujours besoin d’un « François » dans les transports publics pour répondre à ces besoins de base, on fait face à la quadrature du cercle. Ces dernières années, le prix d’achat des véhicules des transports publics a continuellement augmenté. Les salaires réels de leurs conducteurs ont également été adaptés au niveau général des salaires. Grâce à un matériel roulant toujours plus performant, l’efficacité a pu être améliorée par le fait que des prestations plus nombreuses et plus étendues ont été fournies et que les services d’entretien peuvent dorénavant être espacés davantage. Mais cette évolution ne pourra pas se poursuivre indéfiniment.

Emch+Berger voit dans la technologie des véhicules autonomes et automatisés une réelle chance de sortir de ce cercle vicieux. Ces véhicules sans chauffeur sont disponibles 24 heures sur 24. Ils ne permettent pas seulement d’améliorer l’efficacité tout en maintenant le niveau de la qualité ; la quantité peut même, le cas échéant, être augmentée. Cela signifie que des régions dans lesquelles une desserte par les transports publics n’est actuellement pas rentable, pourraient dorénavant être desservies ou que la desserte pourrait être étendue à des heures de faible fréquentation.

Les véhicules autonomes interagissent avec leur environnement. La technologie est certes très avancée, mais ne peut pas encore être appliquée au trafic routier de tous les jours. Par contre, les transports publics offrent déjà aujourd’hui, dans certains cas, la possibilité de recourir à des véhicules autonomes ou très automatisés. Les courses vers ou au départ du dépôt, par exemple. Le « dernier mile » d’une ligne de tram pourrait aussi être automatisé. Autres possibilités : les lignes de faible trafic qui desservent la campagne et dont le tracé ne présente pas de complications, ou les navettes entre les parkings dispersés d’un hôpital.

Chez Emch+Berger, nous mettons justement l’accent, avec nos partenaires, sur de telles possibilités susceptibles d’être mises en œuvre aujourd’hui déjà ou dans un futur proche. Parce que, d’un côté, elles peuvent contribuer à améliorer l’efficacité et le volume des prestations des transports publics et que, d’autre part, elles nous livrent des notions et des connaissances de base importantes à long terme, en vue de l’introduction à grande échelle de la mobilité autonome.

Cette évolution ne profitera pas seulement à Lise, Tobias et François. Car une plus grande offre de transports publics signifie moins de véhicules sur les routes, moins de bouchons, une pollution moindre de l’environnement et moins d’accidents. Pour tout le monde.

 

Source citation : le Conseil fédéral, 23.06.2004, https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-13…

Source images : Rinspeed et Dezeen

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Auteur/s
Stefan Brendel
Emch+Berger AG Bern